Histoires pour bébé

Lire des histoires aux bébés, quelle drôle d’idée ?!

Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que les bébés comprenaient des histoires qu’on leur raconte ? Beaucoup de parents, quand je propose une histoire à leur bébé, me disent qu’il est trop petit pour comprendre. Vous croyez ?

Des histoires dès le ventre de maman

Dès le quatrième mois de gestation du bébé, son ouïe est déjà opérationnelle. Si une femme enceinte, écoute de la musique, lit des histoires à son tout petit in utéro, il réagira à tous ces merveilleux et poétiques stimuli sonores. Alors pourquoi se priver et priver bébé de la construction d’un lien fait de poésie dès son début de vie, avant même qu’il ne vienne respirer notre air ? 

Histoires pour bébé

La musique des mots et l’importance du récit

Dès que le tout petit vient se lover au creux des bras, il est friand et curieux de tout ce qui peut le relier aux autres. La voix accroche son attention, elle porte ses moments de bonheur intense, comme ceux d’une infinie tristesse. Elle rassure, elle berce, elle cajole. Le bébé est très sensible à la musique des mots. Et celle que l’on trouve dans les berceuses, les comptines mais aussi dans la poésie, comme dans la grande littérature, l’accompagne, le nourrit.

En tant qu’adulte, nous nous attachons au sens d’une phrase. Le bébé ne fonctionne pas comme nous, ce qui le porte est contenu dans la musique de ce qu’on lui lit. Mais alors, vous me direz que parler aux bébés devrait être suffisant : oui … et non ! Il est évidemment très important de parler aux enfants dès leur plus jeune âge. Cependant il y a une différence essentielle entre le langage factuel (celui que l’on utilise dans la vie de tous les jours) et le langage du récit (qui se construit dans une temporalité avec un début- un milieu – une fin).

Ces deux langues sont indispensables à notre épanouissement.Il semble important de souligner que si l’une est présente dans la vie de tous les enfants, nous devons être attentifs à ce que l’autre le soit aussi.

Le bébé, cet esthète

Dans les albums que l’on lit aux tous petits, il y a aussi de belles images. En noir et blanc ou très contrastées pour en saisir plus facilement les contours quant à leur naissance leur vue n’est pas encore complètement aboutie. Les illustrations font aussi parties de l’histoire. Les bébés raffolent des belles images. Tout comme dans la poésie des mots, les nuances des couleurs portent les enfants dans un univers onirique. 

Esthète, très rapidement, dès qu’ils peuvent se saisir d’un livre, ils en choisiront un plutôt que l’autre car l’harmonie des couleurs leur conviendra mieux sur tel livre plutôt que sur tel autre.

Livres pour bébé

Le lien entre le bébé et le lecteur

Tous les sens sont en éveil. Lorsqu’on lit avec un tout petit, souvent il est contre nous, sent la chaleur de notre corps, l’odeur de notre peau. Cette proximité fait aussi partie de l’histoire qui se joue entre un bébé et son lecteur. Un lien se tisse.

Aux livres les bébés !

Alors, quand on a compris ces données primordiales, nous pouvons dire qu’un bébé n’est jamais trop petit pour écouter une histoire et que cela est même indispensable à sa vie, je dirais même à sa survie. Comme le disait Michel Defourny (Docteur en Histoire et Littératures orientales, maître de conférences à l’Université de Liège) : « un bébé a besoin de lait, de caresses et d’histoires ». 

Il en saisira le sens par tous ses sens. Et en grandissant, il n’en appréciera que mieux le sens que les mots portent en eux.

Une invitation à la lecture aux bébés est décrite à travers l’expérience qui se déroule en PMI (Protection Maternelle et Infantile) à travers toute la France par des lecteurs professionnels ou bénévoles. N’hésitez pas à aller découvrir podcasts, photos et documents qui décrivent ces pratiques : https://lirealapmi.fr/